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Cette phrase tirée du morceau Yonkers de Tyler the Creator résume à elle seule tout ce que ce jeune homme représente. Il fait ce qu'il veut quand il veut et ne s'embarrasse jamais de rien, il trace sa route avec une réussite totale.

À 16 ans il fonde Odd Future un collectif dans lequel on trouve notamment l'excellent Earl Sweatshirt. Bon comme avec tous les petits génies, on a régulièrement envie de les giffler pour leur arrogance, et bien ici Tyler the Creator ne déroge pas à la règle. Utilisant jusqu'à la nausée le n-word, insultant tout le monde d'homo ( ce qui rappelons le n'est pas une insulte mais une orientation sexuelle et malgré son ambiguité sur sa sexualité et le fait que certains membres de son collectif le soient...) il se moque absolument de tout et de tout le monde sans la moindre retenue. Il répète à qui veut l'entendre que non il n'est pas homophobe, ni stupide (voir d'ailleurs son excellente interview, en anglais désolé, avec Larry King) et qu'il veut être non pas un grand rappeur mais un grand artiste, selon ses propres termes le Quentin Tarantino noir (en espérant qu'ils fassent des films moins agaçants et réac que ce dernier).

On peut ainsi terminer ce petit paragraphe de mise en garde par une nouvelle citation tirée de son morceau Seven de l'album bien nommé Bastard "je n'avais pas l'intention d'offenser qui que ce soit, ok je mens..".

 

 

 

 

Son petit camarade Earl Sweatshirt arrive dans un registre un peu différent, à 14 ans il réalise son premier clip, vidéo que lui et ses amis filment dans la plus pure tradition des vidéo de skate des années 2000, dans laquelle il se drogue avec toute sorte de cachets avant d'aller faire du skate avec ses amis, de perdre ses cheveux, ses dents et de tomber inconscient dans une piscine..

De manière assez étrange sa mère n'apprécie que très peu sa nouvelle passion et ses fréquentations et décide donc de l'envoyer "réfléchir" quelques temps dans une école pour "jeunes à risque" au Samoa.

A son retour il participe avec le collectif Odd Future au clip du morceau Oldie. En fait de clip il n'est rien, ils se filment lors d'une séance photo et font les malins, malgré l'énervement palpable du photographe présent pour simplement faire son boulot. Malgré tout ça vaut vraiment le détour notamment pour la présence de l'ensemble des membres du collectif et aussi pour le dernier couplet de Tyler the Creator qui le montre beaucoup plus intelligent et subtil qu'il ne le prétend.

Earl sweatshirt (comme Tyler d'ailleurs) est capable d'être touchant comme lorsqu'il parle de son père parti alors qu' il était enfant " parfois il m'arrive de dire de manière malhonnête que je le déteste alors qu'en vérité il me manque autant que lorsque j'avais 6 ans" dans l'excellent morceau Chum de son non moins excellent album Doris.

 

 

 

 

Tyler et Earl sont aussi à remarquer pour leurs collaborations dans des morceaux vraiment géniaux comme Really doe avec la superstar Kendrick Lamar et Danny Brown. Plusieurs collaborations de Earl aussi aux cotés du regretté Mac Miller ou encore les deux morceaux qui semblent se répondre, Between Friends et Between Villians.

 

 

 

 

 

 

Tyler lui, de manière assez surprenante, participera à un morceau avec le collectif Griselda de Buffalo. Surprenant en effet quand on sait que Tyler est plutôt un gamin de la classe moyenne pas du tout dans un délire gangsta et que les membres de Griselda ....non.

Collectif issu de la ville la plus criminogène des Etats Unis, les trois membres de Griselda sont ce qu'on pourrait appeler de manière assez modérée des mauvais garçons. En bref ils ont commencé leur carrière en vendant de la drogue dans la rue et leur vie a consisté en des allers-retours entre la rue, les studios d'enregistrement et la prison. Très clairement l'un des plus grosses claques de la scène rap de ces dernières années.

Ils utilisent des beats qui semblent sortir tout droit des années 90 et rappent à l'ancienne, sans autotune ni modification vocale. Tout simplement (à mes yeux) ce qui se fait de mieux en terme de rap hardcore actuellement.

Un des seuls soucis concernant ce collectif est leur côté justement très bling bling qui fait que beaucoup de leurs disques sont sortis par le label anglais Daupe! records qui, en prétextant faire de la qualité et non de la quantité, sort très peu d'exemplaires à des prix exorbitants, vendus en quelques minutes pour être ensuite revendu sur discogs (le site qui a détruit la possibilité d'acheter des disques notamment vinyles à un prix raisonnable) pour une fortune. Qui a vraiment envie d'acheter un CD-r aussi bon soit-il à 700 euros ? Là dessus clairement on s'adresse à des personnes ultras riches ce qui est assez triste sachant d'où viennent ces trois larrons.

Mais bon vu que tout est trouvable de nos jours en téléchargement ou sur youtube ne boudons pas notre plaisir à faire tourner encore et encore ce son, tellement agréable pour tout fan de rap "à l'ancienne". Voilà votre playlist hip hop est remplie pour des semaines entières!

 

 

 

 

 

 

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