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Je ne suis pas critique littéraire, je ne suis même pas d'ailleurs non plus un lecteur avec un L majuscule. Malgré tout, il arrive parfois que l'on tombe malgré soi sur des ouvrages qui attirent et qui vous restent en tête pendant des semaines, des mois. Allez savoir pourquoi, il y a quasiment deux ans, je trouve quelques moments d'interviews de ce jeune homme sur internet. Il semble calme, précis et son nom arrive enfin, Edouard Louis. Cet auteur qui n'a pas encore dépassé la trentaine en est déjà à son troisième roman lors de ce passage sur le plateau de Médiapart.

 

 

 

Il est ici pour parler de ce troisième roman Qui a tué mon père qui apparaît, selon moi, comme une sorte de suite de En finir avec Eddy Bellegueule. Dans ce premier ouvrage, Edouard Louis nous parle de son enfance dans un village picard, de ses difficultés à évoluer dans ce monde pauvre, virile, masculin quand lui commence doucement à découvrir son attirance pour les hommes et ses envies d'autres choses, d'ailleurs. Le schéma social qui lui tend les bras est effrayant : comme tous les garçons, il ira à l'école jusqu'à ce que sa place soit à l'usine. Pour les femmes de la même manière, un enfant, un boulot de caissière et la vie d'adulte commence. On ne quitte pas ce milieu, on s'en arrache comme on peut mais il faut une énergie et une détermination énormes pour dépasser ce qui est imposé, pour sortir de sa classe. Et il s'en sort.

Ce premier livre peut apparaître comme méprisant envers ses parents, sa famille, son environnement, même si ce n'est absolument pas mon avis. Malgré tout, Qui a tué mon père arrive ensuite comme un coup de poing prémonitoire en mai 2018. Ce titre n'est pas une question, car l'auteur n'est pas là pour dire qu'il faudrait telle ou telle réforme, mais bien pour pointer du doigt ceux "qui ont tué son père". Les différentes réformes du code du travail, le mépris des classes dirigeantes sont grandement responsables selon lui. Ses cibles sont Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron.

Et en novembre 2018 apparaissent médiatiquement celles et ceux avec qui Edouard Louis a grandi, les pauvres, qui malgré des boulots totalement aliénants et dégradants décident de s'organiser pour ne plus subir, pour être enfin entendus. L'auteur soutiendra ce mouvement, quand il voit les Gilets jaunes, il pense à son père dont le corps et l'esprit ont été broyés par la machine travail.

Pour terminer cette chronique en respectant le propos de l'auteur, on peut lui laisser la parole car il décrit de manière précise, intelligente et offensive la réalité de ce mouvement et des révoltes sociales de notre époque :

acces articleArticle d'Edouard Louis, dans Les inrockuptibles

 

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